Église Saint Martin de Chevreuse

TOILES DE FREDY DE COUBERTIN RESTAURÉES

   

RESTAURATION DES TOILES DE FREDY DE COUBERTIN

                                   2012 - 2013       

   Lors de la rénovation du chœur de l’église de saint Martin à Chevreuse, les architectes Pierre et Marianne Durand ont photographié les toiles marouflées de Fredy de Coubertin qui étaient très encrassées et abimées en partie par les gros spots dégageant une chaleur trop forte auprès d’elles et par l’humidité. Les photos prises ont permis de s’assurer de la beauté des toiles et de la possibilité de leur restauration. 

   Arcatures ayant alerté la mairie de Chevreuse et les Archives Départementales sur ces œuvres en péril, s’ensuivirent une analyse poussée sur la sauvegarde de ces toiles, devis, accord de prise en charge de ces restaurations par le Conseil Général des Yvelines 50%, la DRAC Ile de France 20%, la Commune de Chevreuse 30%

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

       

Première étape : 
le décollement des toiles
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  Les six toiles sont marouflées, c’est-à-dire collées directement sur le mur de l’église. Leur dépôt était donc une phase critique. «Elles se sont décollées toutes seules, explique avec le sourire Erik Micula, le patron de l’atelier Arcoa. C’était une bonne surprise. La colle qui avait été posée lors de la précédente restauration en 1950 n’avait pas bien adhéré.» 
Depuis une nacelle à plusieurs dizaines de mètres du sol, les restaurateurs ont donc décollé quatre des six toiles à restaurer (les autres seront décollées à l’automne), les ont dépoussiérées grossièrement et les ont recouvertes avec un facing. Cette toile de protection a permis le transport des œuvres jusqu’à l’atelier de Montesson.
 
 
 
 
 
 
 
Deuxième étape : 

le décrassage
   
   C’est là, dans les ateliers de restauration que les toiles sont décrassées. «Il faut enlever les poussières, les graisses dues au chauffage, à l’encens ou aux cierges. Nous avons même trouvé au revers des champignons. Ces micro-organismes se développent très bien en milieu humide», explique Siuan Calandri, restaurateur.
 Les 
peintures à la cire, comme les toiles de Chevreuse, sont très sensibles. C’est donc avec des cotons et des bâtonnets que deux restaurateurs ont nettoyé les toiles. Deux jours complets leur sont nécessaires pour rendre une toile propre. Mais les résultats sont saisissants. Les couleurs d’origine réapparaissent comme par magie. Lors de cette phase, les restaurateurs s’attachent aussi à réparer certaines déchirures, en travaillant sur l’envers de la toile.
 
 
 
 
 
Troisième étape : 
l’installation sur support
 
    Il s’agit d’une des plus longues étapes du chantier
de restauration. «Notre but c’est de maroufler ces toiles sur un nouveau support et plus directement sur le mur. Cela permettra aux prochains restaurateurs dans des dizaines d’années de ne pas avoir à décoller les toiles, au risque de finir par les abîmer», explique Erik Micula.
 Pour les restaurateurs, le challenge est de créer un panneau léger mais rigide. Liège, polystyrène et toile non tissée seront ainsi superposés pour éviter aux œuvres un contact direct avec les murs froids de l’église. «Le plus difficile sera d’adapter la taille de ce support à chaque toile», reconnaît le patron d’Arcoa.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Quatrième étape : 
la restauration des couleurs
   
   «Ce sont des toiles de 1859 et il n’est pas question qu’elles deviennent des toiles de 2013», affirme Erik Micula. Les restaurateurs vont donc devoir trouver les bonnes couleurs. Au niveau des trous, des morceaux de toile vont être greffés. Des tests de couleurs commenceront dès que les quatre toiles seront nettoyées. «Il faut trouver quelque chose de mat», a déjà analysé Erik Micula. Cette phase de travaux devrait durer jusqu’à l’automne. «Notre objectif, c’est de raccrocher les quatre toiles en octobre et de récupérer les deux qui restent», annonce le restaurateur. L’été risque d’être très studieux à l’atelier Arcoa. »