Consacrer sa maladie ?

Par le Père Jean-Brice Callery

 

A l’approche du 11 février, fête de ND de Lourdes et journée de prière pour les personnes malades, je voudrais avec vous m’attarder sur ce sacrement souvent si méconnu et du même coup sans doute largement ‘sous-utilisé’ : le sacrement des malades.

Il trouve son origine dans le ministère de guérison du Seigneur Jésus lui-même, et s’est logiquement retrouvé dans la vie de l’Eglise naissante : ainsi peut-on lire ceci dans la lettre de saint Jacques (Jc 5,13-15) : « Si l’un de vous est malade, qu’il appelle les prêtres de l’Eglise : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon ».

Par ce sacrement, le Seigneur vient consacrer nos maladies, nos épreuves tant physiques que psychiques, qui peuvent logiquement affecter et malmener notre vie spirituelle. Le Seigneur ne vient pas avec une baguette magique tout guérir en se substituant forcément aux soins médicaux. Mais il vient consacrer, prendre sur Lui, à son compte, nos épreuves.

Ainsi par le sacrement de l’onction des malades, ce n’est plus ‘mon cancer et moi’, ‘ma dépression et moi’, ‘mon diabète et moi’, ou ‘telle ou telle grave opération et moi’... Cela appartient désormais aussi au Christ en personne. Il peut s’en « servir », donner du sens à ce qui humainement paraît totalement insensé, perdu, nous permettre d’être aimé et d’aimer jusque dans telle ou telle épreuve de santé.

Et si bien sûr cette onction peut être donnée de manière ‘extrême’, au moment de mourir, ce qui n’est pas une mince épreuve, elle peut être aussi reçue en de multiples autres occasions au cours d’une vie. De même que nous si aurons sans doute une extrême confession, une extrême communion, il y en aura eu bien d’autres possibles avant!

Alors n’hésitons pas à proposer ce sacrement autour de nous, dès lors qu’une épreuve physique ou psychique importante pourrait fragiliser l’être intérieur de la personne en question.

Profitons de cet amour du Seigneur qui non content de nous aimer ‘en général’ vient par ce sacrement nous visiter dans le ‘particulier’ de nos épreuves.