« Le Seigneur lui-même vous donnera un signe… »

Par le Père Yves LALOUX

 

Il y a 54 ans, presque jour pour jour, le Pape Paul VI, avec tous les évêques réunis en Concile à Rome, publiait « la Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps » par laquelle les évêques du monde entier voulaient présenter à tous les hommes comment ils envisagent la présence et l’action de l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui.

Et les évêques poursuivent en disant : « pour mener à bien cette tâche, l’Eglise a le devoir à tout moment de scruter les SIGNES des TEMPS et de les interpréter à la lumière de l’Evangile, de telle manière qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie… » .

Quand nous regardons notre monde, notre société, notre Eglise, nous ne pouvons pas ne pas être touchés par tous les bouleversements qui s’y produisent de façon tellement rapide et avec tant de violence ! A tel point que de nombreuses personnes prédisent la destruction du monde et la fin des temps !

Mais au cœur de ces bouleversements, il n’y a pas que de la destruction ! Des hommes et des femmes de toute condition, se lèvent pour agir et faire entendre des appels à un renouveau de notre façon de vivre ensemble ! Alors peut-être, en regardant mieux notre monde, plutôt que de voir les ténèbres, nous pourrions voir de quel côté se lève la lumière. Savons-nous prendre le temps de  nous dire les uns aux autres ce que nous voyons de beau dans notre vie quotidienne ? C’est parfois quelque chose de très fragile qui peut devenir pour une personne un signe qui révèle qu’il y a dans notre monde une présence qui fait grandir l’humanité, même si c’est petit et fragile ! Mais pour voir ces signes, il faut se poser, il faut prendre le temps de regarder et d’aller au creux des choses, des évènements que nous vivons ! Il faut accepter de ralentir et de contempler pour reconnaitre que par delà les apparences, il y a une source cachée ! Alors nous pouvons percevoir que l’espérance n’est pas morte.

Notre monde, tellement pris par ce qu’il appelle le progrès, en vient à oublier qu’il n’y a de progrès que dans ce qui permet à l’homme d’entrer davantage dans sa vérité d’homme et non pas de se laisser prendre par des apparences !

Apprendre à reconnaitre dans les évènements du monde les signes qui nous disent que le monde est en route vers son accomplissement !

Peut-être pouvons-nous réentendre la parole d’Isaïe « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : la vierge enfantera un fils, Emmanuel ».

Au cœur de tout ce qui peut l’étouffer, pourtant accueillons une nouvelle fois comme un signe donné par Dieu à notre monde. Il vient encore nous dire que l’Espérance n’est pas vaine.