Aumônier d’hôpital …

Témoignage de Sabine Caous


 

Le Père Jean Brice m’a demandé de témoigner de la Miséricorde Divine au cœur de ma mission d’aumônier d’hôpital. C’est vrai qu’à Plaisir, les résidents sont portés par la miséricorde divine au quotidien…

L’hôpital des Petits Prés est une vraie page d’Evangile à lui tout seul… Déjà parce que les personnes ou les situations nous renvoient souvent à un texte biblique, et surtout parce que toute sa vie, Jésus passe auprès des personnes pour faire le bien. Aujourd’hui encore, il agit auprès des résidents et continue à faire le bien. Je vois tous les jours, l’œuvre de la grâce dans les cœurs.

C’est sans doute un petit clin d’œil ou plutôt un « clin Dieu », que la structure s’appelait les « Petits Prés », ça lui correspond tellement bien, avec le Christ comme « Bon Pasteur », qui a toujours pris soin de ses brebis et continue encore aujourd’hui.

Surtout qu’à Plaisir, il y a beaucoup de brebis égarées. Comme ancien hospice, beaucoup de résidents ont été placés très jeunes, et y passent toute leur vie, 50, 60, 70 ans… suite à des histoires douloureuses et malheureuses, souvent abandonnés par leur famille.

Je m’émerveille tous les jours de la présence de ce Bon Pasteur qui prend soin de chacun, pour le combler de sa miséricorde infinie surtout dans ce lieu de souffrance, de handicap et de pauvreté absolue. Nous avons vraiment l’impression qu’Ils puisent toute leur force dans leur foi pour vivre le quotidien. Car ils ont vraiment une foi inébranlable. Ça me fait penser à une autre page d’Evangile, la parabole de Jésus, de la maison bâtie sur le roc, (Mt 7,24-27) qui malgré les tempêtes reste debout. Et bien leur foi est vraiment encrée en Dieu et malgré les nombreuses tempêtes qui se déchaînent et les malmènent, leur foi est bien bâtie sur le roc, sur le Christ et ne bouge pas…

C’est une belle leçon pour nous car au cœur de la souffrance, de la maladie, du handicap, notre foi est souvent mise à l’épreuve…

1- Car le mystère de la souffrance est un vrai mystère qui interpelle tout homme et malmène notre foi en Dieu. Souvent tous les projets s’écroulent, nous découvrons notre propre fragilité, nos limites ! C’est une véritable épreuve. Nous  sommes tous passés par des moments de questionnements ou de révoltes, face à la souffrance…Pourquoi moi ? Qu’est-ce-que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ça ?

Certaines idées reçues insupportables nous font douter d’un Dieu Amour. Comme : par la maladie ou le handicap, Dieu nous testerait et nous enverrait, juste ce que nous sommes capable d’endurer …
Parfois à entendre certaines personnes, il y a de quoi perdre la foi ! Comment Dieu qui est bon, tout amour et miséricorde pourrait faire une chose pareille.

C’est vrai que la souffrance est un mystère. Pour essayer de l’éclaircir un peu, il faut aller à la source en regardant les nombreuses pistes données dans les écritures, et voir l’attitude de Jésus face à la souffrance.

  • Dans  l’ancien testament déjà avec le livre de Job, son cheminement à travers le questionnement et l’attitude cet homme juste face à la souffrance… tellement vrai encore aujourd’hui. Nous avons aussi plusieurs psaumes: Un Dieu qui se fait proche du cœur brisé, sauve l’esprit abattu ….
    Une Parole moins connue m’a toujours beaucoup touchée dans l’ecclésiaste, où siracide    dit « la larme de la veuve et de l’orphelin coule sur la joue de Dieu »( Si 35,18)  Notre larme coule sur la joue de Dieu ! Comment un Dieu tout puissant, créateur de toute chose, le tout autre, peut se laisser toucher par la souffrance de l’homme avec autant de compassion ? C’est extraordinaire !
     
  • En regardant Jésus, nous avons dans un 1er temps,  son attitude face aux personnes souffrantes … Sans rentrer dans les détails mais Jésus a passé sa vie à soulager et guérir  les personnes souffrantes qu’il rencontrait. Nous avons de nombreux passages d’évangile avec beaucoup de guérisons. Jésus est souvent proche des personnes malades, se laisse toucher, pour les guérir, et même pleure la mort de Lazar.
    Pour moi la souffrance, la maladie ne peuvent pas être envoyées par Dieu, puisque Jésus, qui est Dieu, passe sa vie à soulager….   La souffrance, la maladie, la mort seraient plutôt liées à la finitude de l’homme et ne feraient pas partie du dessein bienveillant de Dieu. Nous ne sommes pas tout puissants mais fragiles et mortels.
     
  • D’autre part, Jésus lui-même a partagé nos souffrances, il les connait pour les avoir subit dans son propre corps. De ce fait, il se fait proche de l’homme souffrant.

 

La réponse que l’on peut percevoir dans les Ecritures serait plutôt la présence de Jésus auprès de nous.
Dieu n’est pas contre nous mais avec nous.

Jésus nous dit aussi : « Demandez, vous recevrez »
Au cœur du handicap, nous demandons souvent de ne plus être handicapé…
Au cœur de la maladie, nous demandons la guérison…
A l’approche de la vieillesse, nous demandons l’autonomie pour retrouver notre vie d’avant…
A l’approche de la mort, nous demandons la vie …

Ces demandes sont légitimes, mais nous ne sommes pas toujours exaucés comme nous l’attendions, mais tellement autrement …     

La souffrance nous renvoie au mystère de la compassion et des grâces données. L’homme est tellement seul et démuni face à la souffrance, que Dieu vient le rejoindre pour  l’accompagner.  Il faut le voir, le vivre pour s’en émerveiller. Au cœur de cette souffrance, je suis témoin de beaucoup de grâces données. Jésus continue à donner, c’est assez extraordinaire, pas forcement ce que l’on attend, mais il donne, il se donne.

Je vous propose de nous émerveiller des grâces données dans les trois domaines suivants : au cœur du handicap, puis de la solitude et maladie à l’hôpital ou maison de retraite, et enfin auprès des personnes touchées par le deuil.

2- je vous propose de commencer par les grâces données, au cœur du handicap… C’est le bon côté de notre mission.

Quel que soit le handicap, lourd ou non, c’est extraordinaire de voir le rayonnement de ces personnes. Aux Petits Prés, environ 450 personnes handicapées sont réparties dans 11 foyers. Ils n’ont souvent rien, ni famille, ni bien, n’ont pas des vies faciles, avec des histoires souvent douloureuses, et ils rayonnent. Ils acceptent leur handicap, se contentent d’un rien, ils ont le cœur sur la main  et ils ont souvent une foi à déplacer les montages, … c’est incroyable de simplicité et d’amour. Je crois vraiment qu’il y a des grâces envoyées à ces personnes…

Je pense à  Nathalie qui au cours d’une messe traverse la chapelle pour que sa nouvelle peluche embrasse longuement la croix posée sur l’autel ….

A René aussi qui lors du pèlerinage à Lourdes fait ses courses pour ramener des petits cadeaux à ses amis et sort de son porte monnaie tout fier avec ses yeux qui brillent, de façon solennelle, son billet de 5 €, toute sa fortune…

Ou Elisabeth, alitée depuis sa jeunesse suite à un vaccin, qui fait un effort surhumain pour dire le Notre Père et qui éclate de rire au milieu, tellement elle est contente de recevoir la communion…

Je pense à Alain, Guy, Pierrette et d’autres qui sont capables d’attendre une après midi entière dans le hall de leur service, notre arrivée pour une célébration en début de soirée, et nous sauter au cou, quand on arrive, avec un sourire jusqu’aux oreilles…

Ou à Eric, Simone qui sont capables d’effort surhumain pour combattre leur handicap pour faire quelques pas pour dire bonjour à  un ami résident en attendant la messe …

Je pense à Michèle qui est très handicapée, toute tordue sur son fauteuil coquille qui crie de joie quand on vient la chercher pour la messe ou une activité, qui hurle dans le véhicule « attendez-moi j’arrive » avec des étincelles dans les yeux…
Je pense à Jean Claude qui malgré sa gourmandise va traverser la salle en claudiquant pour partager son gouter avec Claudine qui pleure …

Et Julien qui a un grand retard mental, qui ne connait pas ses prières mais qui passe 2, 3 fois par semaine à la chapelle et qui s’incline devant Marie en donnant les noms de ses amis…

Jean Claude, sur un lit depuis sa naissance, tétraplégique, à cause d’un geste malheureux d’une sage femme un peu pressée. Il ne pouvait communiquer qu’avec son regard  et qui avait le sourire dans les yeux qui pétillaient dès qu’il nous voyait arriver …

Bref, Je pourrais vous en dire des pages et des pages…

Nous avons l’impression de vivre au quotidien, cette Parole de Jésus (Mt 11, 25-28) « Père, Seigneur du ciel et la terre je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau, et moi je vous procurerai le repos »…

J’avoue que je m’émerveille toujours sur la foi  de toutes ces personnes : Ils n’ont rien, plusieurs sont cloués sur un lit depuis des années dans des conditions invivables, dépendant de tout, avec des histoires difficiles et douloureuses, et ils ne se plaignent jamais, ne se révoltent pas. Même leurs intentions de prière sont touchantes, ils prient pour tous ceux qu’ils aiment, le personnel, le prêtre, le pape, nous, les SDF, les migrants… mais jamais pour eux.

Et nous, nous nous plaignons d’avoir mal au genou ou une crevasse au doigt qui nous gâche la vie… ou nous n’attendons qu’une chose, c’est d’avoir le dernier Iphone ou je ne sais quel gadget dernier cri, alors qu’eux n’ont rien, se contentent d’un petit moment passé avec nous, d’un câlin (ils sont tellement en mal d’affection) et ils ont une foi inébranlable en Dieu. Je vous assure qu’ils nous touchent et nous ramènent à l’essentiel…

Je crois que toute personne qui croise leur route est marquée et ne peut pas rester insensible… Nous avons invité le Jour du Seigneur le 7 février dernier pour la messe télévisée pour témoigner de ce que nous vivons quotidiennement et nous avons eu bcp de petits mots de téléspectateurs profondément touchés par la foi de nos amis…

Même le réalisateur, Thierry Lecuyer, nous a envoyé un petit mot de remerciement très touchant:
Un grand merci pour votre gentil message mais, vous savez, nous n'avons fait que filmer ce que vous avez vécu. Je dois vous avouer que je n'étais pas très rassuré en partant pour cette messe, sachant que le lieu était petit et que tout pouvait arriver. Et puis je me suis laissé porté … par le dynamisme du Père Michel Rinneteau, la voix prenante du chef de chœur, le beau travail des bénévoles et surtout la ferveur de tous ces malades.
J'ai vécu en tout cas un week-end riche en émotions. J'ai même littéralement éclaté en sanglots en plein direct (c'est la première fois !) à la vue de 2 gros plans envoyés par les cadreurs pendant l'Agneau de Dieu. Ces malades sont merveilleux, ils nous ont émus. C'était si poignant de les voir prier. Vous faites un travail magnifique auprès d'eux, vous m'avez épaté, vous avez beaucoup de mérite. J'ai vu vos gestes d'attention auprès des malades tout au long de la messe.

Vous savez, il se passe de bien plus belles choses dans des petites chapelles que dans des grandes cathédrales. Sachez en tout cas que je ne suis pas prêt d'oublier cette messe.….Thierry  Réalisateur TV

La présentatrice nous a confié également qu’elle s’attendait à un endroit sinistre et triste dans ce lieu de souffrance, et elle a découvert la joie, la simplicité, la fraternité, même une ambiance familiale qu’elle n’imaginait même pas. Elle a été profondément touchée par la ferveur des résidents.

3 – A côté de ce pôle handicap, où la tendresse de Dieu agit abondamment, nous avons un monde de souffrance et de solitude en maison de retraite ou à l’hôpital …

Certains services sont difficiles par la solitude des personnes âgées. Ce n’est déjà pas facile de laisser sa maison, avec ses souvenirs, en fait un peu « sa vie » pour être  placées en maison de retraite. C’est une réelle souffrance, un deuil en quelque sorte, et beaucoup ont vraiment du mal à l’accepter. Mais en plus certains services sont vraiment déprimants. Si vous saviez la solitude qui règne dans ces maisons surtout pour les personnes qui n’ont pas ou peu de famille. Elles attendent que la journée s’écoule…  Si en plus elles tombent malades et sont hospitalisées, c’est très éprouvant pour elles. Beaucoup nous confient vouloir en finir, mourir enfin !… les personnes sont parfois dans une grande détresse…

C’est vrai que quand nous frappons à la porte pour rencontrer les personnes, nous ne savons jamais comment ça va se passer…Nous savons qu’une chose c’est que nous ne sommes pas tout seul, c’est notre plus grande force. Le Christ est présent puisque c’est lui qui nous envoie…

C’est pourquoi avant de partir en visite dans les services nous prenons un temps de prière avec les bénévoles présents pour dire cette belle prière :

Seigneur Jésus, aux jours de Ta vie terrestre,
Tu as été le visage de la tendresse de Dieu parmi les hommes.
Maintenant que Tu T’es rendu invisible, c’est à nous, Tes disciples,
qu’il incombe de leur montrer Ton visage de Lumière.
A l’heure où Tu m’envoies vers les malades, je T’adresse cette prière :
habite-moi, Seigneur Jésus, efface-moi en Toi ;
Rends-moi transparent à Ta présence
Et apprends-moi à être le sourire de Ta bonté ;
Car à travers moi, c’est Toi, qu’au fond d’eux-mêmes, ils veulent rencontrer.
Inspire-moi constamment l’attitude à prendre,
les paroles à dire et les silences à observer.
Alors, je serai pour eux un chemin qui les conduit vers Toi. Amen

Cette prière est superbe et pourrait très bien servir en toute circonstance. Se laisser habiter par le Christ, pour nous laisser guider, s’effacer en lui…

Nous prenons vraiment conscience que Dieu se donne au cœur de la souffrance :

Par une simple visite au nom du Christ, Dieu se fait présent. Jésus nous dit bien « lorsque deux ou trois sont réunit en mon nom je suis au milieu d’eux »… Jésus est vraiment présent et peut agir dans le cœur de cette personne malade.

Je pense au Père François, qui venait régulièrement concélébrer la messe aux Petits Prés qui est hospitalisé actuellement, vraiment pas en forme. Mardi je suis allée lui rendre visite, visiblement, il était content de me voir, nous avons parlé simplement… Quand il a vu que j’avais une custode autour du cou, son visage s’est illuminé.

Quand je lui ai proposé la communion il rayonnait…. Sans commentaire. Le Christ continue à faire le bien…
Nous avons aussi la chance d’avoir ce beau sacrement qu’est le sacrement des  malades. Signe de la proximité de Dieu et de sa tendresse pour tout homme souffrant. Dieu se fait proche, soutient, donne sa force, sa paix, et nous pouvons constater son bienfait…Dommage qu’il soit méconnu, il est tellement beau.

Quand l’homme découvre cette tendresse de Dieu dans la souffrance, il se laisse transformer. Une paix, la paix du ressuscité l’habite. 1er don de Jésus ressuscité à ses apôtres « la paix soit avec vous ». Nous en sommes témoins tous les jours… Je suis toujours très impressionnée de la confiance que nous font les personnes que l’on visite, qui se livrent à nous, de leur peur, leur doute, leur cheminement, leur foi en toute simplicité. Le fait de parler aide à accepter la maladie, permet de cheminer et de trouver cette paix du ressuscité. Ils prennent vraiment conscience que le Christ les accompagne...

4- Nous préparons et célébrons aussi les obsèques, pour les résidents qui ont vécus des années ici aux Petits Prés mais aussi pour les personnes hospitalisées qui n’ont pas de paroisse. Là encore nous sommes témoins d’une infinie miséricorde de Dieu au cœur de cette souffrance de perdre un être cher.

Souvent les familles ne sont pas très motivées pour se déplacer pour préparer la célébration, nous demande de faire une bénédiction rapide, juste pour « passer » par l’église, sous entendu : histoire d’avoir « un laissé passé pour le ciel ». Beaucoup sont loin de l’Eglise et se disent non croyants.

Lors de l’entretien, nous les voyons changer d’attitude. C’est assez extraordinaire, souvent, tendus, peinés ou parfois remontés contre défunt, voir contre l’Eglise, ça leur fait du bien d’ouvrir leur cœur. Le fait de parler du défunt, de laisser remonter les souvenirs, les joies partagées, les blessures aussi, ils se détendent, même s’ils pleurent parfois, ils semblent déposer leur fardeau pour repartir apaisés.

La célébration est aussi pour eux l’occasion de prendre ou reprendre conscience de cet amour de Dieu qui ne nous abandonne pas. Nous pouvons nous accrocher à cette Espérance que Dieu nous sauve tous, même si nos vies ne sont pas toujours tournées vers lui, il nous propose la vraie la vie, en Dieu pour l’éternité. Même si la séparation est difficile, une espérance nouvelle apparait.

Je ne sais plus qui est-ce qui disait : « c’est par une cicatrice ou une faille que Dieu peut s’infiltrer dans le cœur de l’homme » … c’est tellement vrai. Quand tout va bien, nous avons tendance à oublier Dieu. Mais quand le cœur saigne, nous sommes contents de nous faire soigner par Dieu.

5 – je ne peux pas finir sans vous parler de Lourdes.

Aux Petits Prés, Le dimanche à la célébration, avec tous les fauteuils roulants autour de l’autel, nous avons l’impression d’être à la messe à la grotte de Lourdes… D’ailleurs nous avons appelé le service d’accompagnement du dimanche matin « mini Lourdes »  avec des jeunes scouts ou d’aumônerie. Nous retrouvons un peu cet esprit de Lourdes, où l’on se met au service des plus petits dans la simplicité et la fraternité pour qu’ils puissent vivre leur foi, la messe.
Lourdes garde une place de choix dans le cœur de nos résidents. Tous les ans 35 à 40 résidents partent avec l’Hospitalité de Versailles. C’est souvent leur seule sortie de l’année et pour eux l’occasion de déposer toutes leurs souffrances au pied de Marie….

Conclusion : Voilà, depuis plus de 5 ans je m’émerveille tous les jours de la miséricorde infinie de Dieu dans ce lieu de souffrance, de handicap et de pauvreté absolue.  Et je rends grâce pour cette belle mission qui m’a été confiée.

C’est vrai que cet établissement des Petits Prés est bien plus qu’un simple hôpital, c’est un véritable village. Au cœur des différents lieux de vie et de souffrance, notre aumônerie est comme une paroisse avec les offices, temps de prière, obsèques, … mais aussi comme l’arche de Jean Vanier peut le faire pour le pôle handicap, et  Jeanne Garnier pour l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leur famille. Nous avons beaucoup de chance à Plaisir car le personnel a vraiment un regard bienveillant sur l’aumônerie, nous sommes très bien accueillis dans les services, et nous avons aussi une belle équipe d’une soixantaine de bénévoles très dévoués, et 2 prêtres accompagnateurs.

Je me réjouis que l’Eglise, à la suite du Christ, soit présente dans tous les lieux de pauvreté et de souffrance, aussi bien l’hôpital que la prison, les SDF…Je peux vous dire que Dieu est bien présent au cœur de ces lieux …

Dieu donne abondamment, je suis témoin de cette miséricorde divine infinie qui est donnée tous les jours avec émerveillement. Je voudrais terminer par ce  poème brésilien qui traduit bien cette miséricorde divine :

Une nuit, j’ai eu un songe.
J’ai rêvé que je marchais le long d’une plage, en compagnie du Seigneur.
Dans le ciel apparaissaient, les unes après les autres, toutes les scènes de ma vie.
J’ai regardé en arrière et j’ai vu qu’à chaque scène de ma vie,
il y avait deux paires de traces sur le sable:
L’une était la mienne, l’autre était celle du Seigneur.
Ainsi nous continuions à marcher, jusqu’à ce que tous
les jours de ma vie aient défilé devant moi.
Alors je me suis arrêté et j’ai regardé en arrière.
J’ai remarqué qu’en certains endroits, il n’y avait
qu’une seule paire d’empreintes, et cela correspondait
exactement avec les jours les plus difficiles de ma vie,
les jours de plus grande angoisse, de plus grande peur
et aussi de plus grande douleur.
Je l’ai donc interrogé : " Seigneur… tu m’as dit que tu
étais avec moi tous les jours de ma vie et j’ai accepté
de vivre avec Toi. Mais j’ai remarqué que dans les pires
moments de ma vie, il n’y avait qu’une seule trace de pas.
Je ne peux pas comprendre que tu m’aies laissé seul
aux moments où j’avais le plus besoin de Toi. "
Et le Seigneur répondit : " Mon fils, tu m’es tellement
précieux ! Je t’aime ! Je ne t’aurais jamais abandonné,
pas même une seule minute !
Les jours où tu n’as vu qu’une seule trace de pas sur le
sable, ces jours d’épreuves et de souffrances, eh bien:
c’était moi qui te portais. "


Merci