Affaire Vincent Lambert :
l’alimentation et l’hydratation sont « un devoir inéluctable », affirme le Vatican

« L’immense valeur » des personnes les plus fragiles

mai 21, 2019 16:04 Anne Kurian, Rome  , article partagé par le père Jean-Brice

Le Vatican souligne « l’immense valeur » des personnes les plus fragiles et sans défense, dans un communiqué publié ce 21 mars 2019, au lendemain de l’arrêt des soins du Français Vincent Lambert – arrêt annulé dans la même soirée par la Cour d’appel de Paris. Il plaide pour la poursuite de l’alimentation et de l’hydratation, qui sont « un devoir inéluctable » : les interrompre constitue une « grave violation de la dignité de la personne ».

Réagissant à la « triste affaire de M. Vincent Lambert », le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie et Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, dénoncent « la grave violation de la dignité de la personne », que représente l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation.

Le patient de 42 ans est hospitalisé à Reims dans un état de conscience minimal dit « pauci-relationnel », ou de « conscience minimale plus », depuis un accident de la route survenu en 2008. Alors que ce cas fait couler beaucoup d’encre, le Vatican affirme que l’“état végétatif” « est un état pathologique certainement lourd, qui cependant ne compromet d’aucune façon la dignité des personnes qui se trouvent dans cette condition, ni leurs droits fondamentaux à la vie et au soin », qui sont « l’assistance humaine de base ».

« L’alimentation et l’hydratation constituent une forme de soin essentielle toujours proportionnée au maintien en vie, peut-on lire dans le communiqué : alimenter un malade ne constitue jamais une forme d’acharnement thérapeutique déraisonnable, tant que l’organisme de la personne est en mesure d’absorber la nourriture et l’hydratation, à moins que cela ne provoque des souffrances intolérables ou ne soit nuisible au patient. »

Pour le Vatican, la suspension de ces soins représente « une forme d’abandon du malade, fondée sur un jugement impitoyable sur la qualité de sa vie, expression d’une culture du déchet qui sélectionne les personnes les plus fragiles et sans défense, sans en reconnaître l’unicité et l’immense valeur ». « La continuité de l’assistance est un devoir inéluctable », insistent les signataires.

Ils souhaitent « que puissent être trouvées au plus tôt des solutions efficaces pour protéger la vie de M. Lambert » et assurent « de la prière du pape et de toute l’Eglise ».

A la suite d’une longue bataille judiciaire, le Conseil d’Etat avait validé fin avril l’interruption des soins qui avait débuté le 20 mai. Le pape François avait alors posté ce tweet dans la journée : « Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet. »

Mais à nouveau le verdict a été annulé par la Cour d’appel, saisie par les parents de Vincent Lambert. Selon sa mère, Viviane Lambert – qui a publié, chez Plon, « Pour la vie de mon fils » -, et de médecins, Vincent n’est pas en fin de vie mais en état de grand handicap.