L'église de Saint Rémy-lès-Chevreuse

Un peu d’histoire :

L’église de saint Rémy a une histoire assez singulière; écoutons l’abbé Lebeuf, historien du XVIIIème siècle : “l’église de ce lieu qui reconnoit saint Rémi de Reims pour patron est située dans le plus bas de la prairie, ce qui est cause qu’elle est quelquefois inondée et que son pavé en est tout verd...”

Voilà qui évoquera bien des souvenirs à certains saint Rémois...

Le document le plus ancien où se trouve consignée l’existence de l'église saint Rémi est un titre original de l’abbaye de saint Florent de Saumur en Anjou, par lequel l’évêque Géoffroy de Boulogne lui confère l’église de saint Rémi en 1070, attribution confirmée en 1122 et 1186 par les bulles des Papes Calixte Il et Urbain III.

L’église de saint Rémi était proche d’un prieuré tenu par des moines. A la fin du XIIIème siècle, celui-ci prit le nom de prieuré de Beaulieu (bellus locus) à cause de la beauté du vallon et peut-être pour le distinguer de “l’église paroissiale de laquelle les moines se seraient éloignés à cause de sa situation aquatique” (abbé Lebeuf). Du XVIème siècle à la Révolution, ce prieuré s’appela prieuré de sainte Avoye (ou sainte Hedwige), duchesse polonaise, fille du duc de Méranie, morte en 1243, patronne de la Silésie dont elle avait épousé le duc. Une statue de cette sainte orne encore le choeur de l’actuelle église Saint Rémy.

Détériorée par les dégâts successifs des eaux, l’église Saint Rémy que nous connaissons aujourd'hui a été reconstruite dans la première moitié du XVIème siècle, curieusement avec une orientation vers l'Ouest. La dédicace en fut faite par Jacques de Maury, évêque de Bayonne, le 27 juin 1581.

L’abbé Lebeuf la décrit ainsi: “elle se soutient malgré les attaques de l’eau, parce qu’elle est bâtie de pierres molaires ou meulières du pays, dont la grossièreté n’admet aucune sculpture et a plus de résistance; il en est de même pour la tour qui la supporte du côté de l’orient où l’on a placé l’entrée dans ces derniers siècles (entre 1581 et 1750) en transportant l’autel à l’occident où la porte aurait dû rester ”.

Au cours du 18ème siècle, la charpente est à nouveau modifiée, de même que les pignons est et ouest. Le bas-coté actuel de l’église, d’une largeur de 3,5 mètres, date de 1788.
Au début du 19ème siècle, la sacristie est bâtie sur le coté nord.

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Description de l'église :

Notre église aujourd’hui est un édifice de 20 mètres de long sur 9 mètres de large pour la nef, à laquelle vient s’ajouter un bas-côté de 3,5 mètres.
En 1989, l’installation du chauffage par le sol a nécessité la dépose de l’ancien carrelage. Un dallage en terre cuite a été choisi dans l’esprit du précédent.
Au-dessus de la voûte, une isolation thermique a été posée. La fresque du chevet occultée en 1970 a été remise à jour.

LE CLOCHER : il est éclairé à l’est et à l’ouest par deux fenêtres en ogive geminées dont la colonnette de séparation repose sur un chapiteau renversé ; au nord et au sud par une fenêtre ogivale surmontée de deux oculus et terminé par un toit à quatre pans.. Son toit à quatre pentes se termine par un coyau adoucissant sa pente. Il est dominé par un coq faisant office de paratonnerre.


Le clocher contient trois cloches :


- La 1ère s’appelle "Helène" et a un diamètre de 90 cm. Elle a été fondue par M. Hildebrand, fondeur à Paris en 1845 et a été baptisée le 19 juillet 1846 par M. Lécuyer, curé de Chevreuse, assisté de M. Godart désservant de St Rémy. Elle a pour parrain M. Hellot, maire de St Rémy et pour marraine Mme Baguenault, comtesse de Tellusson.


- La 2ème s’appelle "Georgine Marcelle Eulalie Marie Henriette". Elle a pour parrain M. Marcel Tissot et pour marraine Mme veuve Henri Simon.


- La 3ème s’appelle "Juliette Françoise Odette Jeanne Jacqueline". Elle a pour parrain M. Jean Majorelle et pour marraine Mlle Jacqueline Minet.


Ces deux dernières cloches ont un diamètre de 75 cm et ont été baptisées le 8 août 1937 par Mgr Gosselin, évêque de Versailles, M. Jules Grenet étant curé et M. Jean Darboux étant maire.
L’emplacement d’une quatrième cloche est toujours visible et l’histoire n’a pas retenu la raison pour laquelle elle a été démontée, le fonctionnement de ces cloches est maintenant électrifié et automatisé. Une horloge avec des cadrans apparents sur trois faces du clocher a été placée en 1861.
 

LA NEF : on y accède par un portail à deux vantaux à la partie inférieure du clocher. Elle est entourée d’un lambris de chêne datant de 1850.

        Trois poutres apparentes recouvertes de chêne soutiennent le lambris plâtré de la voûte.
Elle est séparée d'une petite nef latérale par quatre arcades ogivales reposant sur des colonnes   octogonales sans chapiteaux.
 

Elle est éclairée au sud par quatre fenêtres ogivales dont les vitraux représentent la vie de saint Rémi de Reims, et dans le bas-côté nord, par trois autres fenêtres dont les médaillons représentent la vie de la Vierge, le baptême de Jésus et le crucifiement. Ces vitraux ont été donnés vers 1868.


LE CHOEUR, à chevet plat, présente de belles oeuvres :

- L’AUTEL, en forme de livre ouvert est en comblanchien ; il a été exécuté en 1970 par Robert Rolla , marbrier de Saint Rémy. Les reliques de saint Rémi et des saints martyrs Gervais et Jucundinus y ont été enfermées. Il a été consacré le 27 juin 1970 par Mgr Louis Simonneaux, évêque de Versailles.
A la même époque, la grille en fer forgé entourant le sanctuaire et qui faisait office de table de communion a été enlevée, de même que la chaire à prêcher en chêne qui datait des années 1868/1869
Cette chaire a été réutilisée pour constituer l'ambon à gauche, oeuvre de Dumanet, menuisier de Pontoise en 1867.
 

- Derrière l'autel se trouve une peinture sur toile inspirée de Murillo représentant l’Assomption de la Vierge Marie.

 

 

  - De chaque côté du choeur, deux niches abritent les statues des patrons de la paroisse :Saint Rémi de Reims et Sainte Avoye. Ces statues sont en terre cuite polychromée.

- Le pourtour du choeur comporte une grande fresque de Charles Fredy de Coubertin, achevées dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Voir détails

 

  

  - Les stalles sont en chêne.
  A leur installation en 1877, elles étaient au nombre de douze.

 

 

- La statue de la Vierge et l'Enfant daterait du XVIIIème siècle, elle est en bois peint polychrome, faite de madriers juxtaposés, assemblés par des clous forgés à la main. Elle a été restaurée en 1983 par Monsieur Jean Brasier avec la participation des ateliers Saint Jacques.

 

- Un superbe CHRIST EN CROIX surplombe l'autel comme suspendu à une poutre de gloire. Il a été restauré en 1989 par Méry, un compagnon du devoir de la fondation Pierre-de-Coubertin. Il est en bois sculpté peint et daterait du XVIIème siècle; la croix sur laquelle il est fixé est de style gothique, vraisemblablement du XVIème siècle. Des peintures polychromes représentant les symboles de l’église sont cachées sous plusieurs couches de peinture qu’il n’est pas possible de retirer sans les endommager.
- Une tribune de style gothique, a été installée en 1882 au dessus de l’entrée; elle fût exécutée par Wooser et Bougleux de Paris.
L’orgue, propriété de l’abbé Denis, curé de 1878 à 1891, y a été placé dès 1882. Construit en 1850 par le facteur d’orgue Suret, des jeux ont été ajoutés au fil des ans; il fut restauré en 1964 par Jonet, organiste et facteur d’orgue de Clichy.