LES ÉGLISES de DAMPIERRE-EN-YVELINES

Un peu d'histoire ...

Avant d’être érigée en paroisse au Xème siècle, Dampierre dépendait de Senlisse. Une grande partie du territoire appartenait à l’abbaye de Saint Denis à l’époque de Philippe-Auguste. Au milieu du XVIème siècle, le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims, acquiert les terres de Dampierre et de Chevreuse et Dampierre est intégrée au duché de Chevreuse. Le cardinal fait construire à l’emplacement de l’ancien manoir une demeure Renaissance. Claude de Lorraine cède à son épouse, Marie de Rohan-Montbaron, veuve du duc Charles d’Albert de Luynes, le duché de Chevreuse. A la mort de Claude de Lorraine, en 1657, la duchesse transmet les terres à son fils Louis-Charles d’Albert de Luynes. Le château actuel est construit pour Charles Honoré de Luynes à la fin du XVIIème siècle

L'ÉGLISE SAINT PIERRE (XIIIème au XIXème siècle) toute construite en pierre meulière de la région

Les trois voûtes en arêtes de la nef datent du XIIIème siècles. De 1858 à 1859, l’élargissement de la rue qui bordait le chevet nécessite de modifier l’orientation de l’édifice. L’architecte diocésain Hippolyte Blondel transfère le chœur à l’ouest. Debacq conçoit un nouveau portail en 1861 et réalise un décor de fresques en 1862. L’ancien clocher et les premières travées de la nef sont conservés.

Le clocher abrite trois cloches :
- La plus ancienne (Marie ?) est une cloche en bronze de 110cm de diamètre. Elle date de 1576. Elle a été surmoulée en 1862 et classée MH en 1907.
- Ensuite vient une cloche en bronze de 95cm de diamètre datée de 1792
- Puis une cloche en bronze de 84cm de diamètre datée de 1823

Cet édifice est remarquable par sa régularité et par le bon goût de sa décoration intérieure :

- Le maître autel et le tabernacle sont du XVIIIème siècle ainsi que deux petites consoles en bois doré.

- Quant aux stalles, elle seraient de la fin du XVIIIème.

- Le banc d’œuvre en bois sculpté date de 1733. Il était réservé aux membres du conseil paroissial. Le décor du dossier figure les clés de Saint Pierre encadrées des initiales S.P. Au registre inférieur, les initiales entremêlées de rinceaux sont probablement celles des marguilliers commanditaires de l’objet.

- La statue de la Vierge à l’Enfant en marbre blanc est signée des initiales P.L. Elle est attribuée à Pierre Loison. La facture de la statue traduit le goût néo-classique du sculpteur.
Elle date du XIXème siècle et a fait l’objet d’une inscription en 1982.

- La statue de St Jean Baptiste est également du XIXème.

- Le bénitier en forme de coquille est du XVIIIème siècle.

- Une petite statue polychrome représente St Expédit. On peut voir la même dans diverses églises de la région. Selon la légende, St Expédit aurait été un commandant romain d’Arménie converti au christianisme et décapité pour cette raison par l’empereur byzantin Dioclétien en l’an 303 de l’ère chrétienne. Même s’il n’est pas reconnu comme un saint par les autorités catholiques, il est toujours vénéré en certains endroits du monde, notamment à la Réunion.
Certaines autorités de l’Eglise s’interrogent sur son existence réelle. Selon elles, St Expédit aurait été inventé par erreur par un groupe de religieuses de Paris qui reçurent de Rome des reliques emballées dans un paquet sur lequel était écrit « in expedito » et sans mention de quel saint provenaient ces reliques…
Il serait le saint patron des écoliers, des hommes d’affaires…. Et des candidats au permis de conduire…
Sa fête, peu célébrée, tombe le 19 Avril.

- Des vitraux modernes ont remplacé en 1991 les grisailles peintes en très mauvais état, impossible à restaurer. Ces vitraux comtemporains sont de Emmanuel Chauche, maître-verrier au Vésinet. Les trois premiers vitraux sud ont été posés en 1991. Le thème est basé sur l’axe vertical de l’échange entre les hommes et Dieu, les degrés horizontaux symbolisant la difficulté de l’ascension vers le créateur. Les vitraux nord ont été installés l’année suivante. Les couleurs sont plus chaudes au Sud et plus claires au Nord.

- Les vitraux « à figures » du XIXème siècle ont été sauvegardés et regroupés dans le chœur ( Saint Lucien et Saint Louis, don de la famille NOGUES en 1908 et au centre, une vierge à l’enfant déhanchée).

- L’occulus nord (1877) et la rose sud ont également été remis en état.

- On peut voir dans la nef de l’église les inscriptions funéraires de Catherine Couturier (1621) et de Claude de la Jaille, capitaine du Château de Dampierre (1645).

- Dans un pilier, à droite en entrant, est renfermée la main gauche de Charles-Louis d’Albert, duc de Luynes et de Chevreuse, gouverneur de Paris (1717-1771). On ne connaît pas d’autre exemple d’une main inhumée à part et vénérée comme une relique en souvenir des bienfaits qu’elle avait répandus.

- Les fonts baptismaux :
Installés dans une petite pièce communiquant avec l’église, ils datent de la fin du XVIIIème siècle.

- Deux tableaux ornent cette église :
* Saint-Jean-Baptiste du XIXème siècle mériterait une restauration (selon les MH)
* Saint-Pierre recevant les clés date de 1906

La Chapelle funéraire

En 1862, M. le duc de Luynes fit construire par MM. DEBACQ et GARNIER (architecte de l’Opéra de Paris) une chapelle funéraire destinée à la sépulture de la famille de Luynes, de style ogival et d’une noble simplicité, formant le transept méridional de l’église.

A la frise, sur les côtés, est répétée deux fois l’antienne de l’office des morts « Requiem aeternam dona eis, Domine, et lux perpetua luceat eis ».

Au fond, au dessous du vitrail peint par le peintre LOBIN (1815-1864) on lit cette sentence : « O mors, quam amara est memoria sua ! » (O mort que ton souvenir est amer !).

Au milieu de la chapelle, sur une plaque de bronze ajourée, ménagée dans le plafond du caveau est gravée en latin l’inscription suivante : « Honoré d’Albert, duc de Luynes, a pour lui-même, pour les siens aujourd’hui vivants qui mourront et pour sa postérité pris soin de faire construire ce caveau, destiné à ceux auxquels la paix éternelle du Seigneur a été donnée ».

Adossé au mur de droite, se trouve un cénotaphe surmonté d’une belle statue de marbre blanc représentant la seconde femme du duc de Luynes, Adèle Amys du Ponceau, que le duc avait tant aimée. Cette statue est une œuvre remarquable de Jean-Marie BONASSIEUX né en 1810, auteur, entre autres, de la Jeanne Hachette du Luxembourg et de la statue colossale de Notre-Dame de France exécutée pour la vallée du Puy et coulée avec le bronze des canons pris à Sébastopol.

Les statues de la Justice, représentée par Saint Michel, et de la Miséricorde ou de la Religion ont été sculptées par FROMANGER.

A gauche est pratiqué l’escalier qui descend à la crypte.

A l’entrée et sous la grille qui sépare la chapelle de l’église, on lit sur le parement « Orate pro defunctis et pro F. Debacq architecto ».

L'ÉGLISE SAINT GERMAIN DE PARIS (du XVIème au XIXème siècle) à MAINCOURT SUR YVETTE (Commune de Dampierre en Yvelines)

L’église construite au XVIème siècle a été plusieurs fois incendiée. Elle a été rasée en 1819 et reconstruite en 1820.
Pour faciliter la circulation et élargir la route, on a supprimé le cimetière qui l’entourait.
L’accès à l’église se fait par la mairie qui présente la particularité d’être installée à l’entrée de la nef depuis 1890.

On peut voir au dessus de la porte d’entrée une statue en bois polychrome représentant Saint Jean du Calvaire.