BIBLE ET LITURGIE DE LA PAROLE

Pourquoi changeons-nous d’année liturgique : A, B puis C ?  En fait, avant la réforme liturgique voulue par le Concile Vatican II, les lectures de la parole de Dieu,  durant la célébration eucharistique étaient limitées ; on lisait les mêmes textes bibliques chaque année. L’intention de la réforme est de donner aux fidèles qui viennent à la messe ou qui lisent la parole de Dieu prévue pour la célébration, de faire un parcours de toute la Bible.

Aujourd’hui, les lectures des messes en semaines des temps ordinaires sont réparties sur deux ans (année paire et année impaire) pour ce qui concerne seulement la première lecture. Quand aux textes de l’évangile, ils ne changent pas. La correspondance thématique entre la première lecture et l’évangile en semaine est ainsi facultative. Pour les temps de l’Avent, de la Nativité, du Carême et le Temps pascal, nous lisons en semaine les mêmes textes, les mêmes jours chaque année. La première lecture et l’évangile se recoupent nécessairement sur le même thème. Mais pour tous les dimanches de l’année nous suivons, par rotation, un cycle qui s’étend sur trois ans. Nous lisons un des trois évangiles synoptiques (Mathieu pour A, Marc pour B, Luc pour C) en lecture continue, sauf pour l’année B de saint Marc. Cet évangile, en raison de sa brièveté, ne peut pas être réparti sur les 34 semaines de l’anné. Y sont ajoutés certains textes de saint Jean. La réforme a prévu que, pour les textes qui précèdent  la proclamation de l’évangile, la première lecture soit prise dans l’Ancien Testament en Temps ordinaire et dans les Actes des apôtres en Temps pascal, la deuxième dans le Nouveau Testament. Il ne s’agit pas de lecture continue du livre, mais des textes ciblés en tenant compte de leur correspondance en thème avec l’évangile qu’ils précédent en liturgie dominicale de la parole.

Ainsi, ce qui se cache derrière les trois premières lettres de l’alphabet ou le cycle annuel de la liturgie de la parole, n’est pas une énigme. C’est plutôt l’importance que la réforme veut donner à la Sainte Ecriture d’où sont tirés les textes liturgiques que l’homélie explique (Sacronsactum concilium, n° 23), pour ouvrir aux fidèles les richesses de l’histoire du salut, à travers cette même ouverture élargie de la Bible.

 

                                             + Père Jean–Damascène BIZIMANA